La Rochette

Rencontres dans une maison de retraite

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En mars 2006, mon amie Katie Lodge et moi avons commencé à nous rendre tous les mercredis dans une maison de retraite, pour faire connaissance puis discuter avec ses résidents. Cette envie de pousser la porte d’une de ces maisons de prime abord déprimantes était née auparavant d’une longue discussion sur nos tristes mondes cloisonnés où la rencontre est improbable. Les enfants restent avec les enfants, les jeunes avec les jeunes, les vieux avec les vieux. Quand certaines personnes sont amenées à vivre en retrait-e, elles n’ont plus que de rares contacts avec la société, avec un extérieur qui ne serait ni la famille, ni des soignants, ni des bénévoles. Plus de contact avec le hasard, plus le petit-bonheur-la-chance des rencontres imprévues. Notre envie était d’aller engager la conversation avec ces « vieux » comme on le ferait dans un jardin public, ou en faisant la queue à la boulangerie.

Simplement.

C’est ainsi que nous avons atterri dans une maison de retraite en bords de Saône, juste à côté de Lyon. Atterri, parce qu’en posant les pieds pour la première fois dans une de ces résidences, une sacrée claque vous attend et l'on ressent immédiatement le décalage, horaire, temporel. Physique, aussi. Cette maison est pourtant, aussi et malgré tout, un lieu de vie. Les rencontres peuvent y être aussi inattendues, drôles et bouleversantes que celles de "dehors".

Après plusieurs semaines de présence, j’ai commencé à photographier les personnes qui nous ont accueillies dans leur chambre. Mon envie n’était pas de faire un reportage ou un état des lieux de la vie en maison de retraite, mais plutôt d’inscrire ma présence et mon travail dans une même démarche : regarder en face cette population mise à l’écart dans notre société, résister aux diagnostics réducteurs et rendre compte de la richesse de ces rencontres.

Ce travail a fait l'objet d'une carte blanche sur le site LibéLyon


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